Le "discours" de Ségolène Royal du 11 février dernier était mauvais sur la forme. Enfin, c'est ce que j'ai pensé après l'avoir vu. C'était amusant de voir Jack Lang, après coup, expliquer avec une conviction apparente que la candidate était "éblouissante". Jack Lang se mentait tellement que son visage était figé, à la limite de la grimace.
Je m'attendais à des réactions, dans la presse, sur les blogs, mais non. Très peu, et peu précis, par exemple :
Le blog de "valeurs actuelles"
Le blog d'une participante à la manifestation
Un blog politique
Les éditorialistes étaient muets sur le sujet. Finalement, tous les commentaires se concentraient sur le fond, aucun sur la forme.
Pourtant on sait que dans un exercice de ce genre plus de 90% de ce qui est retenu de l'orateur concerne la forme. Et, je le répète, la forme était mauvaise :
- voix monocorde
- sans conviction
- texte lu, mal intégré
- visage figé (je me demande si ce sourire ne va pas finir par devenir handicapant pour la candidate)
- articulation serrée (à force de vouloir sourire absolument)
- posture raide
- gestuelle à la limite du grotesque
- incapacité à exprimer une émotion sincère (contrairement à ce que disent ses admirateurs: le passage de la "mère" est très mal joué)
Où est l'erreur ?
Lorsqu'on regarde d'autres vidéos de Ségolène Royal, on constate qu'elle n'a pas de problème particulier d'éloquence. Elle est même plutôt intéressante, par exemple ici :
On pourrait accuser ses conseillers ou l'urgence, mais il me semble que c'est un autre problème. Le discours de Ségolène Royal n'est pas cohérent avec sa personnalité.
Ni dans ses convictions : par exemple dans la vidéo ci-dessus, l'approche de Ségolène Royal sur l'entrepreneur n'est pas différente de celle de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou.
Ni dans son expression : Ségolène Royal a un problème avec l'expression des émotions. Cela peut être de la pudeur, comme un manque d'intelligence émotionnelle (voir cette vidéo et aussi celle-ci, elle sont éclairantes). Mais ça ne passe pas.
Les psychosociologues américains considèrent que la "consistency" est un facteur essentiel de l'influence. Le mot peut être traduit par "cohérence interne", à la fois du discours (logique) et de la forme (cohérence fond/forme).
Le discours de Villepinte était "inconsistant". Voilà pourquoi je pense que personne n'en a rien retenu, et qu'elle n'a convaincu que ceux qui étaient déjà convaincus.
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