28 juin 2008

L'information pure et moi (4)

23andwesl1_50 Allez une dernière et je passe à autre chose… 23andMe déroule sa stratégie de communication et ses plans d’action avec un professionnalisme exemplaire.

Communication de crise: 23andMe répond au gouvernement de Californie en disant tout simplement qu’ils ne cesseront pas leur activité et qu’ils sont en règle avec la loi. A suivre… en tout cas, le coup de pub est assuré.

Le blog de 23andMe : ouvert depuis novembre 2007, actif depuis janvier 2008, c’est une mine d’informations. Il est très bien réalisé. Curieusement, très très peu de commentaires. Je trouve ça bizarre.

Une présentation de 23andMe sur Second Life. Ca c’est marrant : les avatars auraient-ils un ADN ? Plus sérieusement, le lieu idéal pour trouver des techno-addicts et adopteurs précoces.

We do no evil

En regardant l’image prise sur Second Life, j’ai repéré le logo 23andWe. Derrière le concept très mercantile de la vente de narcissisme de 23andMe, les fondateurs ne se cachent pas d’une ambition plus haute : partager la connaissance sur les gènes pour faire avancer la médecine.

Comme Google, qui partage l’information mondiale et s’enrichit, 23andMe partage l’information génétique mondiale, pour "faire le bien" (ou "ne pas faire le mal") et s’enrichira.

A propos d’adopteurs précoces, le narcissique Loïc le Meur ne pouvait pas ne pas être de la partie. Il s’est distingué avec cet extrait hallucinant sur son blog (voir l'article de Loic Le Meur sur 23andMe) : 

« J'ai crache dans le tube ADN de la societe 23andme, j'aurai mes resultats dans quelques semaintes et les mettrai a disposition sur mon blog. J'ai interviewe les fondatrices de 23andme a Davos et elles m'ont offert un test ADN gratuit (valeur $1000) pour les lecteurs de mon blog »

J’ai gardé la faute de frappe, je trouve que ça fait authentique. Voilà. Je me demande s’il publiera les résultats si on lui trouve le gène du tueur, ou une probabilité forte de cancer.

Vous apprécierez la deuxième phrase… oh, Narcisse… oh, la richesse… oh, l’argent… oh, le pouvoir…

En tout cas, cela traduit bien ce que Seth Godin dit des adopteurs précoces : ils ne consomment pas les innovations pour les mêmes raisons que le reste du marché. Leurs motivations sont plus liées à la reconnaissance sociale qu’à l’intérêt du produit lui-même.

La réaction de Loïc Le Meur en est l'illustration parfaite.

21 juin 2008

L'information pure et moi (3)

Patatra... Cette semaine, l'activité de 23andMe a été suspendue par l'Etat californien. La suspension serait levée sous deux conditions :

  • que le laboratoire soit certifié par le gouvernement de Californie et le gouvernement fédéral
  • que la demande d'analyse du génome soit prescrite par un médecin

Le débat est lancé aux Etats-Unis, par exemple :

Valleywag ("I thought they had more important things to do... like balance the budget. Oh. Fuckers.")
Techcrunch ("Genetic testing isn’t a toy ….")

Je découvre la sensation que doivent éprouver les astronomes lorsqu'ils assistent à la naissance d'une étoile, ou quelque chose comme ça : la naissance d'une innovation et son parcours chaotique de la marge vers une nouvelle norme.

Jouir sans entrave

Lorsqu'on lit les deux blogs que je viens de citer plus haut, on comprend immédiatement pourquoi l'innovation produit est plus facile et rapide aux USA qu'en Europe : le débat ne porte pas sur le sens ou la portée de l'offre, ses conséquences éventuelles sur la société (une dimension politique, nécessairement centrée sur la norme), mais sur la satisfaction individuelle d'un désir (une dimension purement marketing, centrée sur l'égo).

Sans aucun rapport (vraiment ? pas sûr...) cette vidéo transmise par un ami :

14 juin 2008

L’information pure et moi (2)

Ff_genomics1_630_2 Beaucoup de lignes ont défilé sur les écrans depuis la semaine dernière au sujet de 23andMe. Des opinions, pour l’instant. Personne encore en France ne témoigne de l’expérience et de ses conséquences. Tiens, je vais peut-être le faire… ah oui, mais 1.000 $, quand même…

Revenons à la phrase de notre client, employé chez Google :

«Notre mission est d'organiser l'information du monde et de la rendre disponible et accessible à tous. Or le patrimoine génétique de l'humanité est de l'information pure »

Mais que diable est de l’information pure ?

Ca me rappelle ce concept fumeux qui fonde les théories économiques classiques d’information parfaite et de concurrence pure et parfaite. Un truc improbable qui n’existe que dans la tête de types qui ne sont jamais allés au marché.

Ca me rappelle aussi la race pure, accessoirement. Je veux dire par là que l’information est ce qu’elle est (disons pure, ou purement dénuée de sens, ou purement distincte de ce qu’on en fait), mais elle n’est pas vérité. La vérité c’est ce qu’on veut bien croire ensemble.

Les oracles de Delphes étaient probablement aussi efficaces pour les Grecs que la génétique pour nous autres. C’est un système de croyance sur la prédestination (avec comme bête conséquence, parfois, la prophétie auto-réalisatrice)

Imaginez ceci : il existerait un génome de la Bourse, qui décoderait toute la complexité du marché. Dès lors, si le marché n’était pas régulé par une autorité politique, il y a de fortes chances qu’il s’écroulerait, puisque dans une tendance baissière, toute le monde vendrait.

Pour la génétique, ça doit être pareil : le jour où plus aucun assureur n’accepterait d’assurer des citoyens génétiquement handicapés, le principe même de l’assurance s’écroulerait puisque la notion de risque n’existerait plus. C’est vrai pour tout, comme le décrit avec ironie ce bloggueur.

Je pense que l’information pure n’existe pas. Entre les hommes il y a de la communication :

  • une information,
  • l’émotion qui l’accompagne,
  • les valeurs qui lui donne un sens.

On ne peut pas critiquer l’information seule, 23andMe seule, les actionnaires seuls, les dirigeantes seules. C’est non seulement une erreur, mais ce serait dénigrer le talent de ces entrepreneurs.

C’est un système dans lequel il y a de la politique et de la culture qui doit être critiqué, changé et amélioré. Je pense que même Richard Dawkins en conviendrait.

Bienvenue dans le XXIe siècle, un siècle où consommer exige de plus en plus de jugeote

A ce propos, ce petit extrait de "L'art du roman", de Milan Kundera (1986) :

Elevé jadis par Descartes en « maître et possesseur de la nature », l’homme devient une simple chose pour les forces (celles de la technique, de la politique, de l’histoire) qui le dépassent, le surpassent, le possèdent. Pour ces forces-là, son être concret, son « monde de la vie » (die Lebenswelt) n’a plus aucun prix ni aucun intérêt : il est éclipsé, oublié d’avance.

07 juin 2008

L'information pure et moi (1)

Cancer J’ai d’abord pensé à un hoax, mais non, c’est très sérieux : une entreprise, 23andMe, propose d’analyser votre génome et de le publier.

Le principe est simple : vous crachez dans une éprouvette, vous envoyez le tout à 23andMe qui vous transmet votre génome. Le résultat est assorti d’informations sur vos origines et vos risques de santé.

Vous avez la possibilité de maintenir ces informations confidentielles ou de les rendre publiques.

Il y aurait de quoi écrire des dizaines d’articles sur le sujet. Comme j’aime faire court, voici ce que m’inspire les quelques informations que j’ai glanées ici ou là :

Le look des entreprises du XXIe siècle

Voici le site, que je trouve nickel : http://www.23andme.com/
Son design est dans le style des sites web2.0 et plus généralement des nouvelles générations d’entreprise.

Question : y a-t-il un génome des entreprises du XXIe siècle ?

Diversité culturelle


Voici deux phrases repérées sur un blog français et un blog américain :

« Cet outil serait il seulement pertinent ? »
« People pay for this ? »

Question
: qui est le français ?

Le look des managers du XXIe siècle

Voici le comité de direction : https://www.23andme.com/about/us/directors/

Question : qu’est-ce que vous remarquez ?

Le dur désir de durer

Une des fondatrices de 23andMe dit ceci :

""Genealogy is the second most popular hobby on the internet. You can guess what the most popular one is."

Question (pour les anglophones) : what is the most popular hobby on the internet ?

La semaine prochaine, je m’intéresserai à cette phrase, prononcée par un client, salarié de Google :

«Notre mission est d'organiser l'information du monde et de la rendre disponible et accessible à tous. Or le patrimoine génétique de l'humanité est de l'information pure »

L’information étant une composante de la communication, la question est : avec quelles émotions ? Et quelles valeurs ?

Liens :

Site 23 and Me

Article du Monde : Ton génome pour 1 000 dollars
Article américain : 23andMe demo at D6: People pay for this ?
Autre article américain : 23andMe, deCODEme and Navigenics at Cold Spring Harbor
Article français : Eugénisme 2.0

31 mai 2008

Identité 2.0 et week end à la montagne

Ce week-end c'est vacances : je pars en week end à la montagne et je vous épargnerai ma prose. Vacances pour vous, aussi, du coup.

J'en profite pour vous montrer cette vidéo déjà ancienne (ouiii je sais, beaucoup d'entre vous doivent la connaître, mais peut-être pas tout le monde), mais tellement édifiante.

D'abord sur l'utilisation extrême et drôle d'une présentation PowerPoint.... d'ailleurs, le logiciel utilisé est Keynote.

Ensuite le contenu sur l'identité et la réputation sur le web est très intéressant et complet.

Bon week-end à tous !

24 mai 2008

Apprendre à bien illustrer

Macodex_2 Nous avons besoin d’apprendre à communiquer par images. Et il me semble que nous sommes encore mal outillés pour cela.

Non pas pour produire des images : justement, les images sont de plus en plus faciles à produire et à transmettre. Mais que savons-nous faire pour les rendre lisibles, compréhensibles et accessibles ?

Nous passons en quelques dizaines d’années d’une société de l’écrit à une société de l’image. Je n’aime pas ces qualificatifs définitifs, mais bon, c’est pour faire court.

Quel est l’enjeu ? Si nous passons d’une forme d’écriture (le texte) à une autre (l’image), comment coder et décoder les messages efficacement ?

Il est facile de produire des images, mais sommes-nous certains que ces images ne génèrent pas plus de malentendus que de communication ? Mes posts du 17 mai (à chaque média son lecteur) et du 4 mai (où l'on reparle d'image subliminale) m’ont déjà conduit à en douter.

Rechercher une image sans passer par le texte ?

Par exemple, un problème très actuel est la recherche des images : aujourd’hui, on ne peut pas rechercher une image sans passer par le texte.

L’indexation se fait soit par mots-clés associés à l’image, soit par la comparaison avec les mots présents autour de l’image (sur une page web).

Un laboratoire du MIT développe actuellement une indexation de l’image par son code numérique. Le logiciel compare des séquences de l’image par rapport à des formes définies. Par exemple, un arbre ou une voiture auront une structure numérique identifiable. A fortiori, on peut penser qu’un logo a une signature numérique identifiable.

A Strasbourg, Xtensive Technologies développe des services et des outils d’indexation audio-visuelle.

Les travaux n’en sont qu’à leurs débuts, mais on voit bien la tendance : l’image attire plus que le texte, et le volume de texte va proportionnellement diminuer dans la communication.

Personnellement, je le regrette, mais c’est comme ça. Ce n'est pas parce qu'on est un dinosaure qu'il faut faire l'autruche.

Alors, devant ce qui est une vraie rupture, les professionnels de la communication devront acquérir de nouvelles compétences et comprendre ce qui se joue.

A ce propos, je vous propose ce petit texte de Nietzsche étonnant (qui par ailleurs démolit en quelques lignes l’étiquette d’inspirateur du nazisme du philosophe).

 

17 mai 2008

A chaque média son lecteur

Cleverhans2gif Un nouveau résultat de recherche qui démontre que les perceptions extra-sensorielles (PES) n’existent pas m’a rappelé la manière dont Watzlawick relatait l’expérience de « Hans le malin ».

Ce cheval savant était capable de réaliser des opérations arithmétiques et de donner les résultats en tapant avec le sabot.

En réalité, le cheval tapait du sabot jusqu’au moment où il percevait des changements dans les mimiques des spectateurs. Il avait une perception très fine du langage du corps.

Dans la traduction, peut-être mauvaise, Watzlawick décrivait le phénomène comme une PES. Mais on associe également les PES à la télépathie ou la précognition.

Il s’agit de deux choses bien différentes : si vous voulez mieux connaître l’autre en vous appuyant sur la télépathie, vous pouvez être certains que vous n’y arriverez pas.

Par contre, si vous développez cette faculté animale de décoder tous les langages non verbaux de votre interlocuteur, là, vous avez plus de chance de réussir.

Hans le malin (et d’ailleurs toutes les expériences avec des animaux) montre que les animaux ont une intelligence « communicationnelle » très différente de celle des humains, et, à certains égards, plus développée. Il y a de nombreuses explications à cette performance, notamment l'adaptation à un milieu naturel hostile.

A chaque langage son décodeur

Depuis la naissance du langage parlé et écrit, une spécificité de l’espèce humaine, nous avons progressivement abandonné cette capacité de décoder les signaux faibles du corps et de notre environnement.

A une époque où l’écrit cède la place à l’image, ne faudrait-il pas revenir à cet enseignement animal, dont il conviendrait encore de décrypter la mécanique (qui passe probablement par l’émotion) ?

Et ça me rappelle ce passage de Pascal Quignard dans « Les ombres errantes » :

« Ecrire, jadis, dans les premiers empires néolithiques, arracha l’humanité préhistorique aux mondes onirique et imaginaire… La morale dominante recourant de nouveau à la voix dans l’image, voix provenant de l’image, est de nouveau un monde de morts déifiés et despotiques qui traitent les hommes comme des enfants ou des  esclaves. »

10 mai 2008

Vive la crise... de la quarantaine !

Voilà, fin du mois dernier, j’ai brillamment dépassé la quarantaine. Me voici dans la cinquantaine et j'apprends que j’ai toutes les chances d'avoir passé les dix années les plus déprimantes de ma vie.

Une étude internationale menée dans 80 pays auprès de 2 millions de personnes montre que la dépression et le sentiment de ne pas être heureux sont significativement plus fréquents durant la quarantaine.

Le résultat est "consistant" : il se vérifie dans tous les pays, tous les niveaux de richesse, toutes les couches sociales, chez les hommes comme chez les femmes, célibataires ou mariés.

D’après les chercheurs c'est dans cette tranche d’âge « que quelque chose de profond se produit chez les humains ».

A une époque où on parle des quadras comme les cadres les plus performants dans les entreprises, les administrations et les personnels politiques, les coachs et psychothérapeutes ont de beaux jours devant eux.

Les chercheurs n’ont pas d’explication à ce phénomène. Ils ouvrent deux pistes (mais je ne suis pas sûr d’avoir bien compris) :

  • la frustration, liée à l’implication quotidienne et des aspirations irréalisées,
  • la conscience de la mort.

Dans l’excellent (et trop peu connu) film « Kennedy et moi » de Sam Karmann, il s’agirait du moment où «tu prends conscience que le temps qui te reste est peut-être un peu plus court… et moins intéressant que celui que tu as déjà vécu».

J’ai pour ma part passé de sales moments au début de la quarantaine, qui pourraient coller avec ces deux pistes. Et c’est vrai qu’aujourd’hui je sais que je ne peux toujours pas faire tout ce que je voudrais faire, et que la mort est encore plus proche. Mais je m’en accommode mieux, va savoir pourquoi.

Bref, il a fallu cette période pour faire le deuil de certaines illusions de jeunesse (la toute puissance et l’immortalité). Et surtout, je suis convaincu que même si le temps perçu qui me reste à vivre est plus court, il sera beaucoup plus intéressant....

Il y aurait trois âges significatifs dans la vie adulte : jeunesse, quarantaine et après.

Le sentiment de bonheur et de bien-être serait le même pour les jeunes et les plus vieux, pour des raisons différentes. On ne dirige probablement pas des collaborateurs de ces trois âges de la même manière. On le savait pour les jeunes et les séniors. On sait maintenant que les quadras sont des géants aux pieds d’argile et qu’il faut faire plus attention à leur moral.

04 mai 2008

Où l'on reparle d'image subliminale

Spir La messe est dite depuis une bonne trentaine d'années : la publicité subliminale est inefficace. Oui, mais... des émotions peuvent être provoquées de manière subconsciente. C'est le résultat d'une étude parue en avril dans la revue Psychological Science.

Des images subliminales (qui apparaissent trop rapidement pour être perçues consciemment) évoquant une émotion (peur, colère, dégoût, joie, etc…) suggèrent à la personne qui y est exposée une émotion similaire.

Si l'on tient compte des étuds précédentes :

  • présenter une marque ne suggérera rien,
  • présenter une marque et une émotion suggérera l'émotion, mais à a priori pas reliée à la marque.
  • présenter une émotion mettra la personne exposée dans le même contexte émotionnel : il utilisera des mots évoquant l'émotion, son humeur sera conforme à cette émotion.

Plus l'image sera proche de la conscience, plus l'émotion sera forte. Si j'ai bien compris, plus l'image est brève, plus l'émotion ressentie est négative. Ce résultat est important :

  • forcez les gens à être heureux, et vous obtiendrez le contraire,
  • proposez franchement aux gens de passer un bon moment, il l'accepteront.

L'image subliminale : bon à savoir pour la communication du management

L'image subliminale est un mauvais outil en communication marketing. Il n'en est pas de même en communication du management : un manager qui n'est pas en harmonie entre son discours et ses intentions peut générer des "images subliminales" à travers son langage non verbal, des mots émotionnels qui trahissent ou des comportements non exemplaires.

L'étude offre un champ de recherche intéressant sur le charisme du manager et l'ambiance dans une équipe. Avec une recette simple : un bon manager est enthousiaste, optimiste et honnête.

26 avril 2008

Mettez de l'émotion dans votre communication

Emotions_small La plupart des psychologues savent que verbaliser son émotion réduit la détresse. L'étude récente de Matthew Lieberman, psychologue et chercheur à l'UCLA en montre le mécanisme neurobiologique. On se fait du bien, physiquement, à mettre des mots sur nos émotions.

J’utilise ce modèle de communication simple : le contenu d’une communication comprend de l’information, de l’émotion et des valeurs. Par exemple, une communication de managers réussie n’oublie aucune des trois composantes. En général, l’émotion est oubliée. Et pas d’émotion produit une émotion, généralement négative.

« Faire circuler la parole » dans une équipe c’est aussi faire attention à l’expression des émotions. Je trouve intéressant de la relever, ou d’interagir avec la personne qui l’exprime. « je crains que… », « ça m’a fait plaisir… », « ouaa, c’est super de… » ; tout cela peut être « re-marqué » utilement : identifié, relevé et approfondi parce que les émotions humaines sont complexes. Cela nécessite une écoute à deux niveau : ce que la personne ou le groupe me dit, et comment il me le dit.

Une réunion sans émotion est une réunion ratée. Comme disait un consultant qui m’a formé : « si vous voulez donner une information en réunion, envoyez un mail ». Il ne s’agit pas d’en faire un plat, sinon la réunion vire très vite en guimauve gestaltiste, mais bien de trouver un équilibre. Par exemple, constater un éclat de rire collectif, ou un coup de gueule bien senti, sont autant d'indicateurs de la qualité de la réunion.

Exprimer les émotions est bon pour le moral, pour la santé, pour les relations sociales et professionnelles: une sorte de médecine qui ne coûte rien, à consommer avec modération mais régulièrement.

En France, nous mesurons l’intelligence de nos enfants à leur capacité à résoudre des problèmes de mathématiques. Nous sommes aussi le pays le plus consommateur de psychotropes.

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